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Ce qui mordait le ciel... - Serge Brussolo

Rien de plus varié que les rituels funéraires des planètes habitées. Mais pour la Compagnie Intergalactique de Pompes Funèbres, il n'existe aucun cérémonial, si compliqué soit-il, dont elle ne puisse s'acquitter. Du moins en principe. Et sauf erreur... Comme celle qui consiste à expédier à la mauvaise adresse et sous la mauvaise étiquette un produit destiné à développer autour du cadavre un agglomérat cristallin indestructible.

C'est ce qui s'est passé sur la planète Sumar, où de gigantesques ruminants, les thomocks, ont été vaccinés avec ledit produit. Dépêché sur Sumar par la C.I.P.F. pour rendre compte de la situation, David débarque dans un monde en pleine métamorphose auquel les autochtones tentent de s'adapter, ajoutant leur folie à celle du paysage.

Cela faisait un moment que je voyais passer le nom de Serge Brussolo dans les libraires au rayon SF, et j'avais envie de me lancer. J'ai choisi ce livre un peu par hasard, parce qu'il était disponible et que je trouvais la quatrième de couverture intriguante.

Le début du livre s'est révélée parfaitement conforme à mes attentes, avec une ou deux présentations de demandes d'enterrement formulées auprès de la C.I.P.F., bien étranges, cela va de soi, et des techniques de la compagnie pour y répondre. Et puis le basculement, l'évocation du problème avec les thomocks qu'il faut régler dans le feutré pour ne pas embarrasser la C.I.P.F. La situation est d'ailleurs bien plus complexe que ce qui est évoqué dans la quatrième de couverture (tant mieux, en même temps), car si le produit en question transforme le corps en cristal imputrescible, les thomoks en ont reçu cent fois la dose prescrite par des vétérinaires pensant qu'ils leur injectaient un vaccin quelconque. Cet évènement a eu lieu 50 ans plus tôt, et étant donnée la longévité des thomocks, ces derniers ne devraient pas tarder à mourir. On comprend donc que les problèmes que cela peut poser, et l'angoisse de la C.I.P.F. Elle envoie donc un membre du personnel sur place afin d'évaluer les dégâts et de savoir quelles mesures prendre.

Et là, déjà, première chose qui me chiffone un peu : pourquoi choisir David ? Je sais bien que c'est pour l'histoire, mais quand même, ce n'est qu'un simple commercial, et même si la compagnie veut de la discrétion, je suis persuadée qu'elle a bien du personnel plus ou moins spécialisé dans les opérations discrètes, voire secrètes. Mais bon, passons.

David arrive donc sur Sumar grâce à un subterfuge (il se fait passer pour un ethnologue faisant des recherches sur les mondes en voie de développement, qui sont difficilement accessibles afin de les laisser évoluer à leur rythme) afin d'étudier l'impact de la mort des thomocks sans se faire remarquer. Mais bien sûr, vous vous doutez que les choses ne vont pas être aussi simples.

Je vais maintenant arrêter de parler de l'histoire pour évoquer mon ressenti quant à ma lecture. Un point que j'ai envie de faire ressortir, c'est le traitement psychologique des autochtones de Sumar : leur monde se casse la gueule à cause des thomocks, et il y a clairement des tentatives d'adaptation, diverses, de fortes divergences de point de vue, ceux qui acceptent, ceux qui refusent et cherchent à revenir à l'état antérieur, ceux qui font avec parce qu'ils n'ont pas le choix... C'est varié, et c'est réaliste, même si j'ai parfois eu l'impression que le trait était forcé, que parmi ces différents groupes, les avis étaient beaucoup trop uniformes, monolithiques.

Mais ce qui m'a le plus dérangée, c'est l'aspect « voyage organisé » du roman : David va voir toutes les conséquences de l'injection faite aux thomocks sur Sumar, on va tout lui montrer, de A à Z, vraiment comme s'il était un touriste auquel on faisait découvrir les particularités d'un pays. J'ai trouvé cette façon de faire vraiment artificielle et maladroite, même si je comprends que ce n'aurait pas forcément été évident de faire autrement.

En résumé, je suis assez partagée après la lecture de ce livre, mais je pense que j'en lirai quand même d'autres du même auteur, au moins pour ne pas rester sur cette impression.

Tag(s) : #Science fiction, #Planet opera

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