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V pour Vendetta - Alan Moore et David Lloyd

Angleterre, fin du XX° siècle. La verte Albion est aux mains du facisme. Le « Système », appareil d'État omniprésent, surveille tout et tous.

Dans cet enfer où la repression brutale et les humiliations individuelles sont monnaie courante, chacun s'est résigné à son sort. Perconne n'ose plus se battre contre le Système.

Personne... sauf V. Mais qui est V ? Un idéaliste qui veut rallumer l'espoir au cœur d'un monde trop noir ? Un tragédien mégalomane emporté par sa passion pour Shakespeare ?

Un bouffon qui souhaite rire aux dépens de l'ordre établi ? Un anarchiste aux idées révolutionnaires dépassées ? Un terroriste fanatique qui ne reculera devant rien pour abattre le gouvernement ? Ou simplement un fou ?

Et si V était simplement synonyme de vengeance ? V... pour Vendetta !

Même si je n'aime pas les comics plus que ça, ça faisait un long moment que je voulais lire celui-ci. D'autant plus que j'ai entraperçu le film à plusieurs reprises, et même si je ne l'avais pas vraiment suivi, j'avais beaucoup aimé l'esthétique.

Puisqu'il s'agit d'un comics, je vais tout de suite parler du visuel. Le trait du dessin est un peu trop épais à mon goût, et j'ai parfois eu du mal à bien reconnaître les différents personnages, d'autant plus qu'ils sont nombreux. Par contre, ça rendait très bien pour les décors et les arrières plans, notamment dans le Musée des ombres. Ensuite, au contraire de beaucoup de comics dont je n'aime pas les couleurs trop vives et pass assez nuancées, là elles sont très ternes, comme mortes. À l'image de l'univers de V, froid, mort, sans aucune personnalité.

Parlons donc de cet univers. Nous sommes en novembre 1997, une troisième guerre mondiale a balayé une bonne partie du monde, l'Angleterre vit apparemment en autarcie sous la poigne de fer d'un gouvernement faciste. J'ai beaucoup aimé le nom des différents départements du gouvernement : la Main (la police), l'Œil (la surveillance vidéo), le Nez (la police scientifique), l'Oreille (la surveillance audio), la Bouche (la propagande), le tout dirigé par le Destin (un ordinateur qui permet de coordonner le tout).

Au milieu de ce système inhumain, une jeune fille de 16 ans, Evey, est sauvée de policiers qui voulaient la violer par un mystérieux homme portant cape, chapeau et masque de Guy Fawkes, un noble du XVII° siècle célèbre pour avoir voulu tuer le roi et faire sauter le parlement, qui se fait appeler V. À ses côtés, elle va peu à peu ouvrir les yeux sur le monde qui l'entoure et commencer à se libérer. Dans le même temps, on suit de nombreuses personnes appartenant au gouvernement lancées à la poursuite de V, qualifié de terroriste. On jongle donc de l'un à l'autre, tout comme la narration introspective. Les passages entre les personnages et leurs pensées sont vraiment très bien faits, tout en fluidité, et permettent de tisser des liens entre ces êtres que rien ne rassemble, de les faire tous participer d'un grand dessein qui les dépasse et qui a pour but la chute du gouvernement et l'avènement de l'anarchie. Pas le chaos, non, l'anarchie, la vraie, celle de l'auto-gestion, de la responsabilitation de chacun.

Les deux auteurs gardent soigneusement secrète l'identité de V, et bien d'autres choses l'entourant, mais cela n'est en rien frustrant. En fait, cette absence presque totale d'identité permet d'en faire ce qu'il désire être : un symbole, intemporel, immortel. Il est tout le monde et il n'est personne, il est la révolte en tout temps et en tout lieu. Et malgré cela, on entre facilement en empathie avec lui. Et avec ce sourire si particulier qui se moque de la vie, tout en l'aimant tant.

Au final, je suis bien contente d'avoir enfin lu ce comics qui présente une très bonne dystopie, et je pense revoir le film (attentivement cette fois) assez rapidement.

Tag(s) : #Comics, #Dystopie, #Science fiction

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