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Le monde englouti - J. G. Ballard

Dans un futur proche, des explosions solaires ont provoqué une canicule permanente et une catastrophique élévation du niveau des océans. L'Angleterre est devenue une mosaïque de marécages, de bancs de vase et de lagunes que baigne un climat tropical. C'est dans un Londres dont il ne reste que le sommet des plus hautes tours que le biologiste Robert Kerans va rencontrer la riche Béatrice Dahl et tenter de survivre à la fin du monde. À moins que son but soit tout autre...

J. G. Ballard est un auteur que je ne connaissais absolument pas avant ce livre, mais comme le thème climatique me plaisait, je me suis lancée à l'aveuglette dans cette lecture.

L'auteur nous plonge immédiatement dans un monde post-apocalyptique, mais dont les origines diffèrent de ce que l'on voit d'habitude : pas de catastrophe nucléaire, pas de zombies, pas de virus mutant dévastateur, aucune implication humaine. Là, il s'agit uniquement d'un formidable regain d'activité solaire, qui a fait grimper les températures sur toute la surface du globe, entraînant une fonte des glaces, une élévation du niveau des mers, et la libération de quantités astronomiques de limon, de boue et de vase. Quand le roman débute, le phénomène n'est pas achevé, et l'on suit Robert Kerans, un biologiste faisant partie d'une expédition militaire chargée de cartographier et d'étudier les lagunes dans l'optique d'un retour dans les anciennes villes désormais englouties. Et rien ne dit que la situation soit stabilisée. Par contre, détail intéressant dans un roman post-apo, il y a toujours un gouvernement organisé, même s'il est lointain et dispose apparemment de moyens limités.

Tout au long du livre on sent la moiteur de l'atmosphère, la lourdeur de l'air dans les poumons, la sueur qui colle à la peau. Et la vie de la jungle qui s'est développée à Londres, avec ses insectes géants, ses iguanes envahissants, l'odeur de la végétation en putréfaction dans l'eau. Ballard sait vraiment créer une ambiance qui permet de s'immerger réellement dans l'histoire.

Et l'histoire, au fait ! Ballard ne cherche pas à résoudre le problème de la montée des températures et de l'eau, et n'aborde pas non plus celui de la survie. Il nous présente avant tout un récit que je qualifierais de mystique, car ses personnages sont de plus en plus habités par les changements survenus sur terre, par ce climat tropical qu'il compare à celui du Trias, et s'engagent dans une espèce de récession mentale (on ne parle pas de débilité ou autre, attention !) avec une résurgence de peurs ancestrales, de la crainte des prédateurs sauriens, le tout mêlé à un grand détachement et un calme presque absolu. Mais tous les personnages ne réagissent pas de la même façon, certains sont affectés, d'autres pas, et les incompréhensions qui en résultent apportent un plus au roman.

La fin est ouverte et demeure dans cette veine mystique, mais n'est jamais lourde, jamais moralisante. C'est vraiment la conclusion qu'il fallait, qui donne un sentiment d'achèvement, d'une historie complète, mais si elle peut se poursuivre.

 Pour une découverte d'un nouvel auteur, c'est une réussite, et comme Ballard a écrit d'autres livres qui abordent plus ou moins le même thème (à savoir des catastrophes climatiques), je pense en lire d'autres de lui. 

J. G. Ballard est un auteur que je ne connaissais absolument pas avant ce livre, mais comme le thème climatique me plaisait, je me suis lancée à l'aveuglette dans cette lecture.

L'auteur nous plonge immédiatement dans un monde post-apocalyptique, mais dont les origines diffèrent de ce que l'on voit d'habitude : pas de catastrophe nucléaire, pas de zombies, pas de virus mutant dévastateur, aucune implication humaine. Là, il s'agit uniquement d'un formidable regain d'activité solaire, qui a fait grimper les températures sur toute la surface du globe, entraînant une fonte des glaces, une élévation du niveau des mers, et la libération de quantités astronomiques de limon, de boue et de vase. Quand le roman débute, le phénomène n'est pas achevé, et l'on suit Robert Kerans, un biologiste faisant partie d'une expédition militaire chargée de cartographier et d'étudier les lagunes dans l'optique d'un retour dans les anciennes villes désormais englouties. Et rien ne dit que la situation soit stabilisée. Par contre, détail intéressant dans un roman post-apo, il y a toujours un gouvernement organisé, même s'il est lointain et dispose apparemment de moyens limités.

Tout au long du livre on sent la moiteur de l'atmosphère, la lourdeur de l'air dans les poumons, la sueur qui colle à la peau. Et la vie de la jungle qui s'est développée à Londres, avec ses insectes géants, ses iguanes envahissants, l'odeur de la végétation en putréfaction dans l'eau. Ballard sait vraiment créer une ambiance qui permet de s'immerger réellement dans l'histoire.

Et l'histoire, au fait ! Ballard ne cherche pas à résoudre le problème de la montée des températures et de l'eau, et n'aborde pas non plus celui de la survie. Il nous présente avant tout un récit que je qualifierais de mystique, car ses personnages sont de plus en plus habités par les changements survenus sur terre, par ce climat tropical qu'il compare à celui du Trias, et s'engagent dans une espèce de récession mentale (on ne parle pas de débilité ou autre, attention !) avec une résurgence de peurs ancestrales, de la crainte des prédateurs sauriens, le tout mêlé à un grand détachement et un calme presque absolu. Mais tous les personnages ne réagissent pas de la même façon, certains sont affectés, d'autres pas, et les incompréhensions qui en résultent apportent un plus au roman.

La fin est ouverte et demeure dans cette veine mystique, mais n'est jamais lourde, jamais moralisante. C'est vraiment la conclusion qu'il fallait, qui donne un sentiment d'achèvement, d'une historie complète, mais si elle peut se poursuivre.

Pour une découverte d'un nouvel auteur, c'est une réussite, et comme Ballard a écrit d'autres livres qui abordent plus ou moins le même thème (à savoir des catastrophes climatiques), je pense en lire d'autres de lui.

Tag(s) : #Science fiction, #Post-apocalyptique

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